Un demi-siècle d’avancées scientifiques a profondément transformé la prise en charge des cancers. Le 18 mars dernier, la conférence « Cancérologie, 50 ans de progrès et après ? » a permis de revenir sur ces évolutions majeures tout en interrogeant les défis qui restent à relever. Retour en images sur la conférence du 18 mars 2026.

Amphithéâtre Kernéis pendant la conférence « Cancérologie, 50 ans de progrès et après ? » du 18 mars 2026

A l’occasion des 50 ans de l’Université Permanente de Nantes Université, le SIRIC ILIAD et le Cancéropole Grand Ouest ont choisi d’apporter un regard rétrospectif sur les grandes avancées de la recherche en cancérologie : « Cancérologie, 50 ans de progrès et après ? ». Lors de cette conférence, médecins et chercheurs ont partagé leur regard sur les progrès majeurs qui ont transformé la prise en charge des cancers autours de 4 thématiques :

  • Dépistage organisé du cancer du sein ces 20 dernières années : évolutions et perspectives (Karine Berquet)
  • Traitement du cancer : évolutions et révolutions des 20 dernières années (Jean-Sébastien Frenel)
  • De l’écosystème tumoral à l’immunothérapie : retour sur 20 ans de recherche (Jean-François Fonteneau)
  • Intelligence artificielle face au cancer : ce qu’elle change déjà, et ce qu’elle pourrait changer (Tanguy Perennec)

Le dépistage et la détection précoce

La détection d’un cancer à une phase précoce augmente considérablement les chances de réussite d’un traitement. Le dépistage permet, à l’aide de tests simples non invasifs, de détecter la présence d’un cancer avant les premiers symptômes. Malgré tout, seuls certains cancers bénéficient de programmes de dépistage organisé (cancer du sein, cancer colorectal et cancer du col de l’utérus). La sensibilisation aux signes d’alertes est donc très importante afin de permettre à tout à chacun de repérer des symptômes persistants le plus tôt possible. Les CRCDC ou Centres Régionaux de Coordination des Dépistages des Cancers sont des structures ayant pour mission de coordonner le dépistage organisé des cancers au niveau régional. Ils vont donc pouvoir accompagner et sensibiliser les populations, ainsi que mobiliser les professionnels de santé concernés par le dispositif.

La médecine de précision

« Egalement appelée médecine personnalisée, [elle] a pour objectif de proposer au patient un traitement adapté aux caractéristiques de sa tumeur. Elle repose actuellement sur deux types de traitements : les thérapies ciblées et l’immunothérapie spécifique. » (INCa)

 

Les thérapies ciblées

Dans les années 2000, la première thérapie ciblée fut autorisée à être mise sur le marché. Depuis, de nombreuses autres ont vu le jour, améliorant considérablement les protocoles de traitement contre les cancers. Mais du coup, en quoi est-ce que cela consiste ?

Les thérapies ciblées bloquent la croissance tumorale en visant les anomalies moléculaires responsables de leur développement. Elles peuvent donc intervenir sur des mécanismes précis tels que la transmission de certaines informations au sein de la cellule conduisant à sa prolifération. Elles peuvent également intervenir en empêchant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, réduisant ainsi l’irrigation de la tumeur et diminuant les risques de diffusion métastatique.

Même si les thérapies ciblées sont supposées épargner les cellules saines, elles ne sont pas pour autant épargnées par les effets secondaires. Ceux-ci peuvent être de formes et d’intensité variées en fonction du type de cible visée, de la dose administrée et de l’état globale du patient.

Les immunothérapies

L’immunothérapie connaît un essor fulgurant depuis les années 2010. Cette thérapie ne s’attaque pas directement aux cellules cancéreuses. Elle va plutôt activer le système immunitaire du patient afin de l’aider à reconnaître et détruire lui-même les cellules anormales.

Mais pourquoi le système immunitaire a besoin de notre aide ?

Au cours de sa croissance, la tumeur va mettre en place diverses stratégies afin de se camoufler et donc d’échapper au système immunitaire. C’est ce que l’on appelle l’“échappement tumoral”. L’objectif de l’immunothérapie est donc de contrer le microenvironnement tumoral bien souvent immunosuppresseur. Cela permet ainsi au système immunitaire du patient de combattre lui-même la tumeur.

Imagerie médicale et intelligence artificielle

L’imagerie médicale se base sur plusieurs techniques utilisant des rayonnements ionisants ou non. Ces techniques permettent d’obtenir une image de l’intérieur du corps humain dans l’objectif de diagnostiquer une maladie ou une lésion, mais également de la traiter et de surveiller son évolution.

Et l’Intelligence Artificielle (IA) dans tout cela ?

Depuis une dizaine d’années, l’IA a fait son entrée dans le monde de l’imagerie médicale. Elle est déjà utilisée par les radiologues pour les aider à détecter les fractures osseuses. A terme, elle pourrait permettre d’augmenter la précision du diagnostic et du traitement en cancérologie, le tout de façon plus rapide.

 

Cette conférence a permis de revenir sur les avancées majeures qui ont marqué la cancérologie ces dernières années, tout en ouvrant sur les perspectifs et défis à venir.

Nous adressons nos sincères remerciements à l’ensemble des intervenants pour la qualité de leurs présentations et le partage de leur expertise, ainsi qu’à l’Université permanente de Nantes Université et au Cancéropole Grand Ouest pour l’organisation de cette événement. Nous remercions également chaleureusement toutes les personnes présentes pour leur participation et leur intérêt, qui ont largement contribué au succès de cette rencontre.

 

Sources : Institut National du Cancer | Inserm | Société Française de Radiologie

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