A l’occasion de la Journée mondiale du cancer du sein triple négatif 2026, revenons ensemble sur cette pathologie et la recherche menée au sein du SIRIC ILIAD.
Le cancer du sein triple négatif
Avec plus de 60 000 nouveaux cas diagnostiqués en 2023, le cancer du sein, est à la fois le plus fréquent et le plus meurtrier des cancers chez les femmes en France. Parmi ces cancers, le cancer du sein triple négatif (CSTN) représente environ 15% des cas, avec une forte prévalence chez les femmes jeunes. Ce sous-type est souvent considéré comme de plus mauvais pronostic, mais pourquoi cela ?
Tout d’abord, le cancer du sein triple négatif doit son nom à l’absence des 3 récepteurs communément exprimés par les cellules mammaires : les récepteurs à la progestérone, aux œstrogènes et à l’HER2. Or, ces récepteurs constituent les principales cibles des traitements hormonaux et des thérapies ciblées actuellement disponibles. Leur absence limite donc les options thérapeutiques.
Par ailleurs, le cancer du sein triple négatif présente une forte propension à développer des métastases dans des organes vitaux tels que le cerveau, les poumons ou encore le foie, ce qui complique sa prise en charge.
Enfin, sa prévalence chez les femmes jeunes, notamment de moins de 40 ans, rend son diagnostic précoce plus complexe, ces patientes étant moins souvent concernées par les programmes de dépistage systématique. Or, un diagnostic précoce est un facteur déterminant pour améliorer les chances de rémission. Le cancer du sein triple négatif constitue ainsi un enjeu majeur de santé publique.
Le SIRIC ILIAD mobilisé contre le cancer du sein triple négatif
Les patients et la recherche
Néo-épicure est un essai clinique initié en 2023 à l’Institut de Cancérologie de l’Ouest par le professeur Jean-Sébastien Frenel, à l’occasion de la seconde labellisation du SIRIC ILIAD. Actuellement en cours de constitution, il vise à inclure 200 patientes, dont 100 touchées par un cancer du sein HER2+ et 100 autres atteintes d’un cancer du sein triple négatif. Des données cliniques et des prélèvements biologiques sont collectés tout au long de la prise en charge des patientes : lors (i) du traitement par chimiothérapie néoadjuvante*, (ii) de l’intervention chirurgicale et (iii) du suivi jusqu’à 5 ans après la chirurgie.
Détecter les patients à haut risque de rechute
Le programme PRECIZE, coordonné par Caroline Milin et Stéphane Minvielle, a pour objectif de développer les stratégies thérapeutiques et de proposer des traitements personnalisés. PRECIZE s’appuie sur des données issues d’essais cliniques, tels que Néo-Épicure, et mobilise plusieurs méthodes et échelles d’observations. Sa force réside dans la corrélation entre les données d’imagerie médicale et les données multi-omiques*, fonctionnelles et cliniques, afin d’identifier les déterminants clés de la maladie à haut risque.
Plusieurs approches, un même objectif
Le Work Package 3, coordonné par Caroline Rousseau et Agnès Basseville, vise à identifier les prédicteurs précoces de la réponse au traitement après une chimiothérapie néoadjuvante dans les cancers du sein HER2+ et triple négatif. Concrètement, il s’agit de prédire la présence d’une maladie résiduelle au moment de la chirurgie ainsi que le risque ultérieur de rechute. L’enjeu est de mieux stratifier les patientes dès les premières phases du traitement afin de poser les bases d’un traitement individualisé. Pour cela, des données multi-omiques – transcriptomique, protéomique, radiomique, etc…- issues de la cohorte Néo-Épicure sont analysées. A terme, ces travaux permettront de développer des modèles prédictifs fondés sur l’identification et la validation de biomarqueurs pertinents, afin d’améliorer la précision des décisions thérapeutiques.
Dans l’objectif d’améliorer la prédiction des formes à haut risque dans le cancer du sein, ce WP s’articule autour de trois axes complémentaires :
- Une approche multi-omique (transcriptomique, protéomique et génomique)
- Une approche radiomique basée sur l’imagerie médicale (TEP et IRM)
- Une approche cellulaire, visant à étudier les modifications à l’échelle de la cellule dans les tumeurs du sein et leur environnement.

Lexique :
- Chimiothérapie néoadjuvante : il s’agit d’une chimiothérapie réalisée en amont d’une chirurgie dans le but de réduire la taille de la tumeur (INCa)
- Données multi-omiques : il s’agit de données qui vont décrire l’expression des gènes (transcriptomiques), les protéines (protéomiques), etc. Ces données permettent d’avoir de l’information sur les processus biologiques à différentes échelles de la cellule et de fournir une meilleure compréhension des mécanismes cellulaires ainsi que de leurs dérégulations pathologiques (CNRS Biologie)
Sources : INCa et Triple Negative Breast Cancer Fondation


